Depuis sa création, Kinema Citrus s’est illustré comme un studio d’adaptation d’orfèvre (Made in Abyss, Revue Starlight). Mais pour leur quinzième anniversaire, ils sautent le pas de la création originale avec Sayonara, Lara. Et le résultat promet d’être le secret le mieux gardé de l’année.
Le mythe fracassé sur le bitume
L’idée de réécrire le conte de Hans Christian Andersen, la Petite Sirène, n’est pas nouvelle. Mais l’approche de Sayonara, Lara l’est. Le réalisateur Takushi Koide a choisi de confronter frontalement le merveilleux du conte à la banalité absolue, presque déprimante, d’un lac japonais contemporain.
L’esthétique convoque volontairement une atmosphère “old school” des années 2000 — des couleurs désaturées, un chara-design aux lignes claires, une ambiance mélancolique qui rappelle les œuvres de Key ou les premières séries de l’ère numérique.
Un contrat différent
Lara n’échange pas sa voix pour des jambes dans le but de séduire un prince. Les premiers retours indiquent une histoire beaucoup plus sombre sur le sacrifice de soi, la fuite et les conséquences de renier sa propre nature.
Ce contraste entre le fantastique de son origine et la réalité poisseuse dans laquelle elle atterrit crée une tension permanente. Kinema Citrus a toujours excellé à dépeindre le malaise et le désespoir d’enfants confrontés à des mondes trop grands pour eux (l’Abysse en est l’exemple parfait). Avec Sayonara, Lara, ils appliquent cette expertise à notre propre monde. C’est une promesse terrifiante et magnifique.