Zeami Motokiyo est au théâtre japonais ce que Shakespeare est au théâtre anglais. Pourtant, son histoire reste méconnue en Occident. The World is Dancing répare cette erreur avec une fureur graphique que seul Production I.G pouvait orchestrer.
Le mouvement immobile
Comment animer le Nô, cet art du “mouvement immobile”, de la tension contenue et du masque inexpressif ? C’est le paradoxe que Production I.G résout brillamment. L’animation ne cherche pas l’hyper-activité. Elle cherche la pesanteur, le point de bascule, le moment précis où l’énergie d’un acteur captive toute une cour impériale.
Le protagoniste, Zeami, n’est pas un héros d’action. C’est un artiste qui doit survivre à la cour du Shogun Yoshimitsu Ashikaga. Sa seule arme : sa danse.
La politique de l’art
Ce qui rend la série fascinante, c’est qu’elle traite l’art pour ce qu’il était au 14e siècle : une question de vie ou de mort. Perdre les faveurs du Shogun signifie l’exil, la misère, l’oubli. L’exigence de la performance est totale.
Production I.G, habitué aux récits d’adultes (comme Ghost in the Shell ou Psycho-Pass), déploie ici toute son expertise pour créer une atmosphère oppressante, politique et sublime. C’est rugueux, complexe, et profondément gratifiant.